L’Amer Noël (la fin secrète…)

Bonjour, chère lectrice, cher lecteur, Possèdes-tu la clé qui ouvre la cellule de Karim et Wilfried ? Pour y pénétrer et découvrir la double fin de cette intrigue, complète ces informations qui te serviront de passe… Bonne lecture !

Bonne lecture !

L’UN (Fin alternative n°1)

Lorsque les matons pénétrèrent dans la cellule, à l’heure du petit-déjeuner, quelle ne fut pas leur stupeur en découvrant le corps sans vie de l’un des deux détenus.

L’un était froid et l’autre dormait du sommeil du juste.

Ce fut un branle-bas de combat discret afin de ne pas déclencher l’ire du reste des détenus. Un mort dans une cellule voisine n’arrangeait pas la réputation du centre et plombait l’ambiance déjà fort morose des lieux…

Ce fut donc avec toute la discrétion et la diligence possible que l’administration pénitentiaire évacua la dépouille de Wilfried Lacassagne, mort étranglé et étouffé à l’aide d’une paire de chaussettes au fond de la gorge.

Karim Al Nasri fut conduit menotté auprès du directeur du centre pénitentiaire, auquel s’était joint le commissaire qui avait conduit les enquêtes relatives aux homicides récents.

– Comme on se retrouve, Karim ! triompha le commissaire. Je t’avais manqué, pas vrai ? Tu n’as rien trouvé de mieux pour te faire remarquer que de zigouiller un quatrième gus ? Tu sais, si tu mourais d’envie de tailler une bavette avec moi, tu pouvais simplement demander l’autorisation de passer un petit coup de fil au commissariat ! Ils ont mon numéro direct, hein, vu que je suis l’un de leurs plus gros fournisseurs de clients…

– Je vois que vous n’avez pas perdu votre sens de l’humour légendaire, commissaire, se contenta de rétorquer le sans-abri désormais abrité. Toutefois, il y a une once de vérité dans vos propos, cette fois. Car, je l’avoue, c’est bien moi qui ai fait avaler son extrait de naissance à ce fumier de Wilfried.

– Ah ! Je le savais, apprécia le commissaire. Yes !

Le directeur du centre pénitentiaire trouva l’exclamation du commissaire assez déplacée mais s’abstint de commenter. Karim, lui, commençait à s’habituer au caractère parfois emporté du grand flic de quartier qui l’avait pincé.

– Seulement, je suis innocent des trois premiers assassinats qu’on veut m’imputer, monsieur le commissaire, nuança le prisonnier.

– Il n’est que l’heure de vous expliquer, dans ce cas, avança le directeur.

– Je ne demande pas mieux, votre Éminence, railla Karim, s’emmêlant dans les appellations officielles. Figurez-vous que je m’escrime à expliquer à ce brave fonctionnaire de police ici présent que je n’y suis pour rien dans ces affaires-là. Mais il semble bouché à l’émeri…

– Je t’interdis ! se fâcha le commissaire en fondant sur le vieux barbu.

– Calmez-vous ! intima le directeur. Laissez-le parler. On vous écoute.

Alors Karim livra sa propre version des faits.

– Quand je me suis réveillé ce matin, du moins quand j’ai été tiré du lit par cet énergumène en train de m’étrangler, je suis sorti de mes gonds, c’est forcé ! Surtout quand il m’a demandé si je le reconnaissais. Un peu, que je le reconnaissais, cette enflure ! Même si avec les années, il avait plus tout à fait la même gueule qu’avant. On a comme qui dirait élevé les cochons ensemble. Je veux dire, on a eu, à une certaine époque, un business commun.

– Quel genre de business ? voulut savoir le commissaire.

– Rien d’illégal, rassurez-vous, ce n’est pas le genre de la maison… Non, juste des investissements en bourse, dans l’immobilier, des trucs comme ça. C’était y’a bien trente ans, maintenant. On avait mis nos billes dans le même sac, on était copains comme cochons, alors. Pis les choses ont mal tourné, c’est souvent comme ça dans les histoires de gros sous. Le type m’a fait un coup de Trafalgar en se barrant avec ce qui restait de la caisse, pour faire simple. Il s’est littéralement envolé en fumée. Et v’là qu’un jour, il réapparaît. C’était y’a pas bien longtemps, je l’ai aperçu traîner dans mon quartier.

– Vous avez renoué le contact ?

– Non. Je sais même pas s’il m’a reconnu, à vrai dire. J’avais un peu changé, z’imaginez bien. Entre le businessman qu’il avait connu à l’époque et le clodo que je suis devenu, ma gueule mangée derrière ma barbe grise hirsute, y’avait comme un gouffre. Mais quand je l’ai vu débarquer dans ma cellule, j’y ai lu un signe divin. Entre quatre murs, on allait pouvoir s’expliquer. Mais j’étais loin d’imaginer ce qui allait suivre.

– C’est-à-dire ?

– Ses confessions glaçantes…

– Allez, Karim, joue pas au Pierre Bellemare de service, suspense compris. Accouche ! Il t’a baragouiné quoi, le gaillard ? C’est ce qu’il t’a raconté qui t’a poussé à lui court-circuiter le pharynx ?

– Si vous saviez…

– Justement, on aimerait bien savoir, se fâcha l’officier de police.

– Wilfried m’a tout avoué. C’est lui qui a déglingué les trois victimes. Son but ? Me faire porter le chapeau, me faire plonger à sa place. Se débarrasser de moi une bonne fois pour toutes, en souvenir de nos querelles d’antan. Je dois dire qu’il a failli réussir son coup, hein ? Maintenant, vous allez me relâcher, puisque c’est pas moi le coupable ?

– Pas si vite, t’as quand même un mort sur la conscience…

– Légitime défense, votre Honneur !

– À prouver… nuança le flic. Qu’est-ce qu’il t’a avoué exactement ?

– Eh bien, qu’il m’observait depuis quelques jours, assis sur mon trottoir. Qu’il m’avait bien reconnu, le bougre. Quand il a vu mon embrouille avec le jeune con beurré qui m’a emmerdé un samedi soir, il s’est dit que c’était l’occasion de me faire accuser de son assassinat. C’était peut-être bien lui le témoin anonyme qui m’a donné, pas vrai ?

– Peut-être… Continue !

– Ensuite, il m’a vu en compagnie de Pierre, ce type qui m’a offert un dîner de prince au restaurant. Comme après la première fois vous m’aviez relâché, il en a remis une deuxième couche. Il a profité d’un moment où j’ai dû aller pisser pour fouiller dans mon baluchon et y piquer mon couteau pour le planter dans le dos de Pierrot la tendresse… Cette fois y’avait une preuve matérielle contre moi. C’est là que vous m’avez pincé pour de bon. Sauf qu’après ça, il a dû prendre goût aux meurtres, « qui a tué, tuera » qu’on raconte, non ? Bref, j’étais déjà en cabane quand il a suriné le troisième type, le Père Noël de pacotille, et c’est là qu’il m’a rejoint à l’ombre… CQFD !

– Et que vous vous êtes expliqués…

– Voilà ! On avait des comptes à régler, chef ! Des arriérés pour ainsi dire. Pis j’allais pas me laisser étrangler sans broncher, quoi ! Je me suis rebiffé, j’ai songé à cet instant-là à Pierre qu’était une victime collatérale innocente, un brave homme, un saint qu’avait pas demandé à croiser ce fumier. Je l’ai vengé, en somme. Et aussi au Père Noël, ça se fait pas, ça ! Voilà, c’est aussi simple que ça, Votre Excellence ! Bon, vous me relâchez, maintenant ?

 

ou L’AUTRE (Fin alternative n°2)

Lorsque les matons pénétrèrent dans la cellule, à l’heure du petit-déjeuner, quelle ne fut pas leur stupeur en découvrant le corps sans vie de l’un des deux détenus.

L’un était froid et l’autre dormait du sommeil du juste.

Ce fut un branle-bas de combat discret afin de ne pas déclencher l’ire du reste des détenus. Un mort dans une cellule voisine n’arrangeait pas la réputation du centre et plombait l’ambiance déjà fort morose des lieux…

Ce fut donc avec toute la discrétion et la diligence possible que l’administration pénitentiaire évacua la dépouille de Karim Al Nasri, décédé des suites d’une strangulation puissante et imparable.

Wilfried Lacassagne fut conduit menotté auprès du directeur du centre pénitentiaire, auquel s’était joint le commissaire qui avait suivi les affaires d’homicides récentes.

– Qu’est-ce qui vous a pris d’étrangler ainsi votre compagnon de cellule ? Vous veniez à peine d’arriver, s’étonna le commissaire en préambule.

– Peut-être bien que je venais à peine d’arriver mais il m’a pas fallu longtemps pour comprendre à qui j’avais affaire, répondit d’emblée le prisonnier.

– Comment ça ?

– Pardi ! C’était pas la première fois que je rencontrais ce vieux dégueulasse. Je le connaissais que trop bien. J’avoue que le hasard a bien fait les choses en me plaçant dans la même cellule que lui !

– Vous le connaissiez d’où ?

– Oh ! D’une époque fort lointaine. Y’a trente ans de ça, on a mené quelques affaires ensemble.

– Quel genre d’affaires ? s’intéressa le commissaire.

– Tout ce qu’il y a de plus légal. Des histoires de gros sous, des investissements, on était un peu associés, on va dire. Sauf qu’au bout d’un moment, le business a périclité à cause de ce salaud qu’a eu la fâcheuse idée de jouer ses propres atouts, il m’a doublé sur un coup fumant et il s’est tiré avec la caisse, y compris la part qui me revenait. Mais le gaillard s’est évaporé dans la nature et je l’ai plus revu pendant des années… jusqu’à ce que tombe sur un vieux clodo à la barbouze dégueulasse et que, malgré ce déguisement, j’ai bien reconnu son regard de fumier. Je vous passe ma joie de le savoir descendu si bas sur les barreaux de l’échelle sociale. Il avait dû dilapider tout ce qu’il m’avait fauché. Mais c’était encore pas assez à mon goût, je voulais qu’il paye à vie pour ce qu’il m’avait fait. Alors moi j’ai vu rouge, vous comprenez ?

– Je ne comprends pas très bien, non. Vous pouvez développer ?

– J’y viens. J’ai imaginé un stratagème qui allait le faire plonger sans aucun souci. Je le surveillais depuis un appartement que je louais en face de son gourbi favori. C’est là que j’ai assisté à son altercation, un samedi soir, avec un jeune type éméché. C’est là que l’idée à jailli en moi comme une évidence. J’ai suivi le jeune mec et je l’ai suriné. Ensuite j’ai appelé anonymement vos services pour témoigner avoir vu Karim faire le coup. Je représentais en quelque sorte la voix des riverains honorables face à ce sans-abri qui constituait le parfait bouc émissaire, mon commissaire ! Un coup de génie, hein ?

– N’exagérons pas… Ensuite ? La deuxième victime, c’est vous aussi ?

– Oui ! triompha Wilfried Lacassagne. Encore plus fort, cette fois-ci ! J’ai profité d’un moment où le vieux était parti pisser pour subtiliser son couteau — en prenant des gants, si j’ose dire — et le planter dans le dos du mec qui l’avait invité le soir-même à dîner ! Faut pas abuser, quand même, régaler ainsi un clodo qui empeste le chacal, y’a des limites à la bienséance, merde ! Pis moi je savais qui il était vraiment, ce Karim qu’avait l’air si misérable, si pitoyable : un misérable salaud, oui ! Bref, grâce à ce couteau où y’avait ses empreintes, il était fait comme un rat…

– C’est alors qu’il a été arrêté, en effet. Dans ce cas, pourquoi avoir assassiné une troisième personne ? Ce pauvre homme déguisé en Père Noël.

– Je me suis laissé emporter… J’y avais pris goût, en quelque sorte. Vous savez ce que c’est…

– Non, je ne sais pas, non… 

– Le crime de trop, c’est évident. Même si descendre le Père Noël m’a fait bien plaisir : j’en pouvais plus de ces mises en scène marketing de fêtes de fin d’année. Mais ça a été le grain de sable dans mon mécanisme, l’erreur fatale. Finalement, ça m’a servi quand même puisque ça m’a permis de terminer le boulot.

– En retrouvant votre meilleur ennemi dans la même cellule ?

– Exactement, monsieur le commissaire. Un coup du sort fantastique ! Quoi de mieux que quatre murs et des barreaux pour s’expliquer entre hommes du monde ? plaisanta Wilfried.

– Sauf que vous avez aggravé votre cas.

– J’étais plus à ça près. Jamais trois sans quatre, comme on dit, hein ?

– Presque…

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Alors, quelle fin as-tu préférée ?

N’hésite pas à me laisser ton commentaire en bas de cette page 🙂 

À bientôt ?

Sébastien

(Avant de partir, je t’offre le PDF de la nouvelle complète, sers-toi ) Lamer-Noel-Print

Je suis d'accord pour entrer de plein gré ! En pleine conscience des risques encourus... Mais je n'ai pas peur !

 

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